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Matin et soir de Jon Fosse Imprimer
Le pêcheur Johannes est arrivé au soir de sa vie. Mais que se passe-t-il aujourd’hui ? Il a un sentiment étrange, il s’est senti si léger au réveil, et autour de lui tout semble flotter, comme si les objets « contenaient plus de terre mais aussi plus de ciel, oui c’est presque ça ». Et pourtant tout est comme d’habitude, ne cesse-t-il de se répéter. N’a-t-il pas pris son petit déjeuner, comme tous les matins ? N’a-t-il pas mangé sa tartine au fromage de chèvre, comme tous les matins ? N’a-t-il pas fumé une cigarette avant de se mettre en route, comme tous les matins ? Mais alors, d’où vient la sensation que tout est différent ? Et pourquoi, alors que le ciel lui paraissait si gris, un soleil généreux s’est-il brusquement mis à briller ? Et son ami Peter, qu’il voit sur la grève, n’est-il pas mort depuis bien longtemps ? Et est-il possible que ce soit Anna, son premier amour, qui apparaisse longeant le quai ? Mais n’est-elle pas morte elle aussi l’année dernière, à moins que ce ne soit l’année d’avant ? Il faut croire que non. Mais alors pourquoi a-t-il imaginé qu’elle était morte ? Et pourquoi Peter veut-il l’emmener sur sa barque pontée, vers la haute mer à l’ouest, plus loin qu’il n’est jamais allé ?

A travers ce récit, et sans rien nous expliquer (puisque le théâtre, pour Jon Fosse, doit d’abord nous faire ressentir, nous faire entendre quelque chose « par les émotions »), l’auteur norvégien bouscule doucement nos certitudes et angoisses liées à la vie et à la mort.
 
 
« Puisque l’on naît sans moi, et que l’on meurt parfois en ayant tout oublié de lui, où loger cet « organe » ? »

Claude Arnaud

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