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La Ville, de Martin Crimp


Clair est traductrice, Chris est informaticien. Leur couple n’est peut-être pas dans sa meilleure forme. Chris vient d’être licencié, Clair vient de rencontrer Mohamed, un auteur qui la fascine. Chris se perd dans la vacuité de sa propre existence, Clair s'égare dans les limbes de son imagination. Imperceptiblement et de façon incertaine, l’imagination de Clair, à moins que ce ne soit celle de Mohamed, semble déborder sur la vie de Chris et de leurs enfants.

Chez Martin Crimp, comme chez Harold Pinter avant lui, le langage, et plus particulièrement le dialogue, est matière à créer du trouble. Dans ses répliques, non seulement chaque locuteur émet un doute sur la parole de l’autre, mais la parole infiltre l’imaginaire de celui qui la reçoit. Elle fonctionne comme une marée néfaste qui ébranle au fur et à mesure la réalité des événements et des personnages. Cette remise en doute touche également la limite des espaces : où commence le monde extérieur, incontrôlable, et où s’achèvent les lieux fantasmés ?

Après avoir mis en scène Autoportrait et Suicide d’Édouard Levé (janvier-février 2010), Guillaume Béguin poursuit sa recherche sur l’incapacité des êtres à se définir par le langage, à arrêter leur identité et à dessiner, par le verbe, les limites de leur personnalité.

 
 
Alors moi-même – c'est ce que j'imaginais – je pourrais devenir vivante.

Martin Crimp, La Ville

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Le Baiser et la morsure, mise en scène de Guillaume Béguin, le 18 mai 2017 à Colombes (F)