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Reste vivant jusqu’à ta mort

2026

Comment puis-je commencer quelque chose de neuf, avec tout cet hier à l’intérieur de moi?

Leonard Cohen 

Qui n’a jamais eu envie de tout plaquer — d’envoyer balader couple, famille et travail ? Mais comment recommencer sa vie sans rééditer les mêmes erreurs, comment tromper les fantômes de nos anciennes existences qui sans relâche continueront de nous hanter ? Pour l’animal humain, qui ne dispose que d’une seule peau, muer est un art délicat. Les quatre personnages de Reste vivant jusqu’à ta mort invitent à les suivre à la trace dans une pièce-paysage peuplée d’absent·es, de revenant·es, d’hommes et de femmes affranchis de toute fidélité à leur lignée et de tout asservissement à la société libérale.

Une invitation à rêver un monde nouveau, avec des liens réinventés.

— Générique

Texte et mise en scène Guillaume Béguin

Jeu Raphael Defour, Marika Dreistadt, Margot Van Hove, Guillaume Miramond

Collaboration artistique Valerio Scamuffa

Scénographie Sylvie Kleiber

Lumières David Kretonic

Musique Simone Aubert

Costumes Marie Bajenova

Dispositif cabanes & vidéo Victor Roy, Laurent Schaer

Vidéo et régies Sylvain Ernst

Son David Scrufari

Régie générale Grégory Ferreux

Photos Chloé Cohen

Production déléguée Compagnie de nuit comme de jour, Laure Chapel – Pâquis Production

Soutiens Affaires culturelles du Canton de Vaud, Ville de Lausanne, Loterie romande, Pour-cent culturel Migros

— dates

Saison 25-26
Théâtre 2.21, Lausanne
du 28 avril au 10 mai 2026
www.theatre221.ch

— Photos d'avant-première

Chloé Cohen

Note d’intention

Tu te souviens, au creux de ton adolescence, de ce moment où tu as compris que les adultes ne croyaient pas une miette aux contes qu’ils te récitaient quand tu étais petit ? Car les mythes selon lesquels la justice, l’égalité et la fraternité parviendront à triompher, ces mythes sucrés dont ils te tartinaient les oreilles pour que tu t’endormes bien sagement dans ton lit d’enfant bien confortable, ces mythes se fracassent toujours contre le mur de la réalité, et tous les adultes le savent pertinemment, et ils s’en accommodent très bien. Les légendes au cours desquelles les pauvres, les victimes ou les exploités parviennent à renverser la vapeur, aucun adulte n’y croit. Et toi non plus, car à présent, tu n’es plus cet enfant naïf. À présent tu sais que les esclaves, mêmes affranchis, demeureront toujours des esclaves — certes avec un salaire, mais qui ne suffit pas pour vivre décemment, et avec un patron sur le dos, exactement comme avant la libération. C’est tout à fait clair, et il n’y a plus de doute : l’amour non plus ne sera jamais réinventé. Et le patriarcat ne sera jamais renversé. Bien sûr que non. Car les lois du marché ont pris le contrôle des rêves et elles sont très douées pour tuer dans l’œuf le plus petit désir de révolution, au moyen, là encore, de récits extrêmement bien calibrés, qui fleurent bon la réussite, la concurrence et l’exploitation des plus démunis.
Tu te souviens, au creux de ton adolescence, de ce moment où tu t’es dit que ce monde affreux, tu n’allais jamais t’en accommoder ? Que tu n’allais pas y participer ? Que tu n’allais pas t’y résigner ? Mais que s’est-il passé ? Comment les contes selon lesquels l’égalité, la justice, le générosité et le partage devaient triompher de l’égoïsme et de la servitude ont-ils été supplantés par ces affreux mythes de victoire et de domination ? Comment se fait-il qu’à vingt ans, tu te sois retrouvé en usine, sur les bancs de l’université ou dans une école de théâtre, à écouter des anciens et des anciennes te faire la leçon, t’apprendre comment on obéit, comment on fait son poing dans sa poche, comment on avale bien méthodiquement des couleuvres, comment on oublie, comment on détourne le regard ?
Alors oui, peut-être est-il temps de refaire un tour. Peut-être est-il temps de revisiter cette crise adolescente, celle qui précède au renoncement. Est-il seulement possible de sortir de la binarité opposant le noir et le blanc, le juste et l’injuste, le marginal et le bourgeois, l’esclave et son tyran, l’utopiste et le résigné ? Est-il possible de prendre part au monde sans se trahir, est-il possible d’imaginer une autre collaboration, un autre deal ? Et s’il fallait commencer par réécouter cet être trahi, celui dont on a cassé les rêves ? Et s’il fallait redevenir – momentanément ou définitivement – ce petit humain ou cette petite humaine qui croyait que l’étoffe de ses rêves pouvait résister à tout ?
Reste vivant jusqu’à ta mort propose ce voyage, ce retour en arrière, cette visite au cœur de l’âme. Un temps au cours duquel on déplie l’espoir trahi et où l’on nomme ses bourreaux. Un temps au cours duquel on devine que pour rester vivant, il faut renoncer définitivement à asphyxier tout ce qui chiale encore en toi.

— dates

Saison 25-26
Théâtre 2.21, Lausanne
du 28 avril au 10 mai 2026
www.theatre221.ch

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